Parid Teferiçi
Donne-moi les mots que tu ne diras plus.
Les rêves que te ne verras plus, donne-les moi.
Dans son plus profond silence je voudrais
désormais
caresser la pelure du soir.
Et le regard humide
d'un lent déclin
m'est plus cher que tout ce qui m'entoure.
Donne-moi les lèvres que tu n'embrasseras plus,
les mains auxquelles tu ne toucheras plus jamais.
Ton lit, donne-le moi, tu t'y sens tellement mal.
Que vibre, sur les buttes de tes rides,
cette blême mélodie jaune
qui reste quand tu t'en vas,
qui disparaît lorsque tu reviens :
Donne-moi ta tombe, tu n'en as plus besoin.
|