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Fifth Edition Durrës 21 - 27 September 2009  
  
 
 
 
 

 
 
Ali Podrimja

La beauté

J'ai tendu la main vers la prairie pour cueillir une fleur
« Non – s’exclame mon aimable voisin –
elle va faner !
Moi de pleurer sur mon vase vide.

Je me dépêchai de rejoindre le cheval blanc
la fille rêvée toujours
« Non ! – me dit à nouveau le voisin
moi de pleurer ma nostalgie une fois encore

tout triste j'allongeai la main sur l'univers -
le temps d’ouvrir et fermer les yeux
une lumière éclata.

« Tu as de la chance » - me cria quelqu'un m’embrassant
et rien d'autre je ne vis et n'entendis plus.

depuis sans cesse je le cherche partout mon brave voisin

La flamme volée

Comment le serpent l'a-t-il mordu ?

Et il dit au Lion: tais-toi !
le Lion s'agenouilla devant ses crocs

alors les gens dirent: il y a longtemps qu'on n'a vu un tel spectacle dans notre cirque

mais comment le serpent l'a-t-il mordu ?

dans notre ville les enfants racontent
qu'il est parti emmenant la flamme
qu'un jour de pluie les hommes lui volèrent

et comment le serpent l'a-t-il mordu ?

Au Lion il dit : tais-toi !
et le Lion s'agenouilla devant les yeux sombres

 

Un mort ordinaire

Un mort ordinaire
Tient debout un État
Il grimpe les escaliers brise des fenêtres
Recceuille même la dernière goutte d’eau
Sur la table tombe afessé
Sous la lumière de la lampe
Un mort ordinaire
Violent et tueur dangereux
Poursuivi abattu continuellement
Se déclare ennemi de l’ordre public
Sur le balcon à ciel ouvert
Une fille dénudée
Agace la morale bourgeoise
La Brebis brute dans la prairie
l’Homme heureux de vivre
Se dit le Tout-Puissant
Un mort ordinaire

Lecture de la solitude en la maison

Quelqu'un frappe
ça fait un temps qu’il frappe
à la maison de ma solitude

J'ouvre la porte et donne
dans le vide

J'entends des pas dans les escaliers
des toux rauques

Je sens le froid m'envelopper
affaissé au coin de la chambre

Par le trou de clef je vois
la cadence de l'étoile à Kodër të Qyqes

Serait-ce l'œil de Katallan
dans les escaliers de la solidtude qui nous regarde

Ou dans les murs griffures horribles
des ongles d'un peuple

Se joue une musique funèbre
ça fait un temps que
c’est la solitude de la maison
que sur ma peau je lis

Le mythe du Kosovo

A I. Kadare

après avoir relâché l'oiseau noir de la cage
Vasko Popa* écrit la poésie la plus forte,
dit-on,
de tous les créateurs slaves

ce qui ravivait en mots en vers en livres
ce qui ombrait en légendes en magie noire était défi, car hurlait le loup

le lecteur comprit le Mythe du Kosovo c’est pourquoi il le sentait vraiment
comme s’il le voyait dans le miroir du lendemain

il fallut longtemps pour que la montagne se secoue et se délivre le mot déchiré
sur la bataille de personne**

et fortuitement par hasard apparut
Kadare
habillé de rose revenant d'une promenade
à travers les temps sombres remplis de nerfs de peuples


 

 


 
 

 
 
Participants